La Toussaint pas comme les autres

le 01 novembre 2019

  • Je ne peux pas te parler ce soir! Nous nous préparons pour aller au cimetière demain avec grand- mère, me dit ma maman polonaise quand j’essaie de l’appeler de Paris.
  • Mais oui, je sais mais tu me manques, c’était juste pour quelques minutes, pour te dire que…
  • On s’appelle tous les jours de toute façon! Mais là, je ne peux pas, tu comprends? Je dois préparer grand- mère, sortir ses vêtements chauds. Bisous, à plus.

Ok, je coupe la conversation, un peu frustrée. Mais je comprends très bien. C’est juste la Toussaint qui approche à grands pas… Et je vous rassure, ma grand- mère va très très bien. Elle va juste rendre une visite à la tombe de sa mère à elle, mon arrière- grand- mère. 

Si quelqu’un voudrait se faire une première idée de ce que « la Toussaint » ou plutôt « Les fêtes de la Toussaint » veulent dire en Pologne (car oui, elles durent en général 3 jours), qu’il jette un coup d’oeil sur quelques images de nuit ci- dessus. Ce sont ZNICZE, des bougies spéciales que l’on apporte aux cimetières et on allume sur les tombes le soir. Les familles, les amis, les voisins, les cousins plus ou moins proches, les acteurs célèbres, le ministre de l’environnement, la femme de ménage du rez-de-chaussée, le cheminot qui habitait en face et le frère du second mariage des parents du cheminot. Chaque mort aura son ZNICZ, même ceux qu’on a jamais rencontrés personnellement. En l’occurrence, sur l’une des photos vous pouvez voir une masse de ZNICZE que les gens inconnus ont allumé aujourd’hui devant la statue du soldat inconnu… au cimetière local de Sosnowiec, ma ville natale.

Pour se faire une deuxième idée du poids et de l’importance symbolique de la Toussaint, regardez « Volver » de Pedro Almodovar ou ses autres films. Vous pensiez que tout ça, Irène et Augustina, le vent de la mort, toutes ces histoires de fantômes qui reviennent et qui parlent, c’était complètement exagéré, 100% inventé dans la tête créative de Pedro ou bien propre à la culture espagnole? Rien de plus faux et c’est entres autres pour ça que ce réalisateur a toujours eu autant de succès auprès du public polonais. Nous l’aimons parce que ses films reflètent notre mentalité.

Lisez « Les Aïeux, ou la Fête des Morts » (« Dziady, une fête slave et balte en souvenir des aïeux et dont les origines remontent jusqu’au paganisme ») d’Adam Mickiewicz, le poème légendaire et l’une de nos lectures obligatoires à l’école, avec sa fameuse citation:

« LE CHOEUR.

Partout l’obscurité, partout le silence ! que va-t-il arriver? que va-t-il- arriver?

LE GUŚLARZ. (l’un des personnages)

Fermez les portes de la chapelle et tenez- vous autour du cercueil : point de lampe, point de cierge. Tendez sur les fenêtres les draps mortuaires : que la pâle clarté de la lune ne puisse pénétrer jusqu’ici ! Seulement, vite, hardiment.

LE VIEILLARD.

Ce que tu as ordonné est fait. 

LE CHOEUR.

Partout l’obscurité, partout le silence ! Que va-t-il arriver ? que va-t-il arriver ?

LE GUSLARZ.

Âmes du purgatoire ! Dans quelque partie du monde que vous soyez : et vous qui brûlez dans la poix; et vous qui gelez au fond de la rivière; et vous qui, par un châtiment plus sévère, emprisonnés dans le coeur du bois, geignez et pleurez douloureusement, lorsque, dans le poêle, vous êtes mordues par la flamme, accourez toutes à l’assemblée. Que l’assemblée se réunisse ici ! Nous allons célébrer les Dziady (« Les Aïeux »). Entrez dans l’enceinte sacrée. Voici des aumônes, voici des oraisons et de la nourriture et de la boisson. 

LE CHOEUR.

Partout l’obscurité, partout le silence ! Que va-t-il arriver ? que va-t-il arriver ?(…) » .

Nous sommes « Le Pays des Morts », le pays de l’histoire. Le pays de « ceux qui étaient » et non pas de ceux qui sont, peut- être encore moins de ceux qui seront. Nulle part en Occident (à part certaines régions d’Espagne justement), je n’ai vu ni vécu un tel culte des gens du passé, nulle part autant de statues belles ou bien ridicules kitsch-larmoyantes, d’hommages romantiques, de souvenirs adoucis, d’offrandes candides, de biographies idéalisées, d’anniversaires commémoratifs, de longs discours absurdes, de médailles attribuées à titre posthume. D’héros glorifiés et de légendes flatteuses, vrais ou crées de A à Z à travers les récits racontés aux Vivants. Un Autrichien qui décollera ce soir de Vienne pour arriver à Gdańsk quelques heures plus tard devra sans doute se poser plusieurs fois la même question: « mais qu’est-ce qu’ils font, ces Polonais, ils enflamment leur propre pays? Pourquoi un ciel si pourpre- orange, incendié au dessus de cette terre? » Nul besoin de se triturer les méninges: c’est la Toussaint. ZNICZE sont partout, ils brûlent par millions. Et si jamais il pleut, le lendemain on revient au cimetière pour vérifier et rallumer le feu. Pour que chaque bougie flambe à l’infini pour chaque âme partie au paradis bleu de Dieu.  

Certaines de mes tantes ne sont pas religieuses. Une est agnostique, une ouvertement athée. Mais elles parlent aux morts. -Tu sais, parfois je ne sais pas quelle décision prendre et je vais lui demander.- m’a-telle dit un jour. -Tu vas lui demander, à lui? -Oui, je vais au cimetière, j’y vais chaque semaine d’ailleurs, je m’assois sur un petit banc en bois devant sa tombe et je lui parle de tout, je lui pose toutes les questions possibles. Il me répond. La dernière fois, c’était pour savoir quels meubles choisir pour le salon. Et maintenant je sais. -C’est lui qui t’a dit lesquels choisir? -Mais oui, il m’a donné des conseils! -Tu y crois? Tu m’a dit que tu n’étais pas croyante. Jamais, jamais. -Mais oui, je ne suis pas croyante! Jamais je ne l’étais. Je vais jamais à l’église, tu sais. Mais j’y crois. C’est lui.- en parlant de son mari.

Avant, ma Toussaint c’était avant tout:

  • les préparations: le lavage des tombes quelques jours auparavant, de vieux rosiers séchés qui piquaient horriblement les mains, des branches sales de cyprès de l’année précédente, des seaux lourds, remplis jusqu’au bord d’eau tiède et qu’il fallait porter loin loin de la fontaine, des bris de verre éparpillés partout. Un froid de canard. Les femmes en jupes mi- longues à genoux, en train de brosser le marbre, exactement comme dans « Volver ». Des femmes seules pour la plupart.
  • les allumettes. Les doigts de Petite Fille glacés par les premières gelées de novembre, brûlés par les allumettes qui ne voulaient pas toujours allumer ZNICZE. On tremblait de froid en manteaux fins noirs et chaussures à talons, mis pour rester élégantes. On devait constamment enlever les gants à cause des allumettes. Je me demande maintenant si cette élégance était pour les Morts ou pour les Vivants mais c’était probablement pour les premiers. Il neigeait parfois.
  • l’odeur de fumée de ZNICZE et des chrysanthèmes posés par milliers sur les sépulcres: l’odeur omniprésente, inoubliable, ancrée profondément. Quand je la sens maintenant quelque part à l’étranger et sans forcément voir les fleurs, il y a un message neurologique puissant qui s’active en 2 secondes dans ma tête: « cimetière, cimetière! » C’est sans doute pour cette raison que l’on n’offre jamais de chrysanthèmes aux autres, ils sont strictement réservés à la Toussaint.        
  • la famille. Les escapades familiales à Katowice sur les tombes des frères et soeur de mon grand- père.  Une affaire de famille. Ces jours là, j’essayais d’apprendre tous les noms, toutes les dates de naissance et ai commencé à me passionner pour les arbres généalogiques. Nous attendions d’autres oncles et cousins (Vivants) autour des tombes, puis allions déjeuner chez eux. Tous ensemble. De longs débats autour de la table, je pianotais distraitement sur un vieux instrument dans l’une des chambres. Le retour. Mon grand- père stressé, avec ses bouts d’oreilles rouges de froid. Il slalomait parmi des centaines de voitures remplies jusqu’à la dernière place afin de nous ramener saines et sauves à la maison. Un grand paradoxe polonais: la Toussaint est en général une journée record en ce qui concerne les accidents de voiture. On meurt en parcourant des centaines et centaines de km pour rendre visite aux Morts… Chaque année, la police organise une action de prévention qui pendant longtemps s’appelait, vous devinez comment?? ZNICZ… Hier, mon autre tante appelle maman à 7h30 du matin: -tu sais, tu sais, je dors pas depuis 3 heures -qu’est- ce qui se passe, tu te sens bien? -il y a du brouillard, il y a beaucoup de brouillard! Regarde par la fenêtre! Zosia est en voiture avec toute la famille, t’imagines? Ils viennent sur la tombe de papa, je les attends. Tu peux me vérifier sur ton appli magique si c’est comme ça pendant tout le trajet? Suis en panique… 

Aujourd’hui au Père Lachaise la beauté splendide des pierres tombales, le sentiment du néant obscure, du vide frappant contrastent avec des couleurs fluo de fleurs. Le feuillage d’automne éblouissant rythme le pourpre- violet des bruyères. Quelqu’un cherche Frédéric Chopin sur la carte d’entrée, en une demi- seconde je reconnais la langue et l’entends désormais dans tous les coins. Après quelques erreurs, je localise sa tombe: elle se démarque de loin par une petite foule regroupée autour, sous les petites gouttes de pluie. Tout le monde discute, certains prient pour le génie distant qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de connaître. D’autres commentent un document « imperméable » avec une liste de 71 autres tombeaux polonais accroché à côté, ils vont les chercher. La cohue habituelle dans le silence éternel.

PS. Toutes les photos de Pologne prises par @ARybka, les autres par moi au Père Lachaise.

         

On résout tous vos problèmes, Madame!

Sur la réalité des faits. Sur ce que ça veut dire être une femme, pour ceux qui ne l’ont jamais vécu 🙂 .

Oui, il y a bien évidemment plein d’inconvénients, de situations discriminatoires voire purement glauques associées à ce statut et 90% des filles autour de moi y ont malheureusement leur propre bout d’histoire à raconter: elles passent en général par quelque chose de simplement désagréable ou de tristement horrible avant l’âge de 20 ans.

Mais c’est un sujet pour un autre article plus profond, pas du tout humoriste alors que je suis dans le mood rigolo aujourd’hui.

Les avantages alors.

Je déménage.

30 cartons, tous offerts gratos par UN employé de supérette de quartier. Remplis principalement de livres, d’albums artistiques gros carton et de DVD à transporter. Ils pèsent une tonne et en tout cas ils pèsent ce que pèsent 3 éléphants, 1 hippo et 2 rhinocéros de Sumatra considérés ensemble. J’ai failli m’évanouir de fatigue 5 fois seulement en les faisant.

Ça commence par un collègue habitant rue de Varize. Il est venu voir chez moi. Il regarde les cartons, puis jette un coup d’oeil sur moi, en train de désespérément scotcher les derniers. Il demande, l’air très dubitatif:

  • Tu veux que je t’aide à les descendre?
  • Non, non, je ferai toute seule, ça va bien se passer, merci beaucoup
  • Tu es sûre? (le doute grandissant sur son visage)
  • Oui, oui, c’est très gentil mais ça va aller (à bout de respiration, je rêve qu’il se jette de suite sur ces cartons, qu’il m’aide quand même! n’est- ce pas plus qu’évident que j’en ai besoin? Mais où serait donc ma fierté féminine, cette force inattendue, toujours si utile, si infaillible, si présente alors que je l’ai pas du tout cherchée en ce moment même?).
  • Pour l’instant, je fais toute seule. Je t’appellerai si j’en peux plus. (je réponds)
  • D’accord. Mais appelle- moi! (il disparaît derrière la grande porte d’entrée.) Je les roule tous un par un jusqu’en bas du bâtiment, marche par marche. Cela me prend 10 jours au moins plus 2 nuits de douleurs inexprimables dans le dos. Je l’ai pas appelé.

Déménagement, le Jour J. Une équipe de 3 professionnels arrive. Ils ont déjà monté un piano au 10ème étage dans leur carrière. Ils me voient rapprocher les cartons près de la sortie pour les aider.

  • Tu travailles dans l’armée, Madame?
  • Non, pourquoi? 
  • Tu va te casser en deux. Comme une branche dans le vent, Madame. Donne- moi tout et arrête de te fatiguer! Ils partent. Et moi, je pars en même temps mais en métro. Arrivée sur place, en flagrant délit car suuuuper en retard par rapport à leur camion. Ils auraient pu planter un arbre là bas et attendre qu’il pousse de 3 cm et je ne serai pas encore arrivée… Je m’attends à des accès de colère, une hausse de tarif et pourtant… rien de tél. Aucun reproche, même pas un mot, silence, voire plus: ils ont tous de grands sourires affichés. J’essaie de les aider encore une fois avec de petits cartons mais n’arrive pas à développer la même vitesse qu’eux font avec les grosses boîtes dans l’escalier. Ils hésitent entre rires, incrédulité et reconnaissance. Montent enfin le trentième. Toujours optimistes mais légèrement épuisés, il faut le dire. Quelques gouttes de transpiration tapent par terre ici et là, triceps tremblant derrière. Ils dépassent de 10 minutes le temps réservé, sans le souligner toutefois.
  • Tu déménages pourquoi, Madame? Tu fais quoi dans la vie? Et tu viens d’où? Tout se passe bien à Paris? (une série de questions vient comme un tir d’une arme à feu. Je n’ai pas le temps de répondre quand): 
  • As- tu besoin d’aide pour autres choses, Madame?
  • Non, non, merci, ce sera tout (je réponds d’une voix terriblement enrouée de bronchite virale attrapée entre- temps).
  • Tu es sûre? Tu nous appelle quand tu veux!! Nous pouvons tout te transporter, maintenant ou après! Meubles, cartons et même monter ton vélo. Tout, tout.
  • C’est fantastique. Au revoir. (je m’assois un peu en train de divaguer, d’analyser si c’est le degré de méchanceté de mes virus ou bien le déménagement qui me fatigue davantage. Ils partent, toujours si sympa et contents de la vie).

Paris, place de la Madeleine, une (très) grande boutique de bricolage et fournitures maison. Niveau -1. J’ai réservé sur internet une machine shampouineuse de moquette pour l’ancien appart et me rends compte sur place qu’elle est nettement plus grande que moi. Elle pèse 12 kg il s’avère, elle possède 2 roues arrière énormes, instables, un grand tuyau anormalement long et qui ne tient absolument pas sur place. Je n’ai jamais vu d’objet aussi peu pratique à transporter en métro alors que je suis venue toute seule, encore par abus de fierté personnelle bien évidemment. Panique temporaire. L’effroi terrible me transperce le coeur. Comment sauver la face? Soudain, j’ai une idée d’Einstein de commander un taxi! J’en parle avec le Monsieur en charge de la location.

  • Hmmm… Excusez- moi… Je peux vous demander de l’aide pour la monter au niveau zéro? Elle est visiblement hyper lourde… Et après, je prends un taxi, vous savez, ça m’arrangerait…
  • Nous ne fournissons pas ce service. Et surtout pas le dimanche, nos équipes sont restreintes.
  • Ah, mince, je pensais à vous… D’accord. Je me débrouille.
  • « R… », ça vient d’où, de quel pays?
  • Pardon? 
  • Votre nom, il vient de l’Est, n’est ce pas? C’est quel pays? (il regarde scrupuleusement ma carte d’identité, comme s’il était au minimum chef- douanier d’un aéroport situé hors- zone UE)
  • Pologne.
  • Très bien. Nous fournissons le service, Madame.
  • Pardon?
  • Nous fournissons le service. Nous le fournissons exceptionnellement aujourd’hui. Vous me suivez? (il commence à porter la machine). 

RDV officiel de raccordement de gaz:

  • On a un problème technique, Madame.
  • C’est vrai?
  • Oui. Je dois descendre faire des vérifications supplémentaires. 15 minutes passent, il retourne du local d’en bas, malheureux.
  • ça ne va fonctionner que dans quelques jours Madame. Je suis vraiment désolé. Je ferai tout ce que je peux aujourd’hui mais si cela ne fonctionne toujours pas la semaine prochaine vous m’appelez sur mon portable, je vous le laisse. Et je reviendrai voir comment évolue la situation.
  • Je peux appeler la centrale?
  • Non, non, Madame, vous m’appelez, moi. On va résoudre tous vos problèmes et très rapidement, Madame.

(le raccordement a finalement fonctionné) 

  • Des situations comme celles- ci, y en a environ 182 par an. A la Poste, au resto, à la boulangerie. J’en parle de temps en temps avec mes cousines, elles ont les mêmes expériences/ mêmes réflexions. Que ferons- nous à l’âge de 80 ans, les joues et décolletés ridés de mille plis, les cuisses grossies d’une couche de cellulite, les cheveux moitié moins longs et moins épais qu’aujourd’hui? Serons- nous impuissantes, allons- nous régler 2 fois moins de soucis juste parce que le nombre « de refus d’aide » va brusquement augmenter? Deviendrons- nous « transparentes pour les hommes » comme dit très justement Samanta dans « Sex and the City » et donc, toute cette gentillesse presque biologique, ce sens de service masculin disparaîtra d’un coup? Car, on va pas se mentir, la jeunesse et l’aspect physique n’y sont pas pour rien. Nous avons donc toutes cette même crainte de l’avenir, même s’il paraît très lointain…
  • « Il suffit que tu sois accompagné d’un homme et le niveau de bonne volonté des autres (hommes) baisse de 50% environ. Et si tu tombais sur des femmes, imagine!?-, » elles ajoutent. Bonne observation. On en connaît toutes la suite: vous êtes face à la même situation, mais recevez un traitement parfois très différent, avec soudainement un minimum de service, avec ce qu’on appelle le « strictement nécessaire », un non- sourire (oui, ça existe!), le « vous cherchez, Mademoiselle? » (oooh, que je déteste ce mot, et je sais que cette phrase veut dire en général « ce que vous cherchez, vous n’allez pas trouver »), des demi informations données du bout de lèvres pour finalement ne pas informer du tout etc. etc. Souffle souvent un vent glacial de froideur, il remplit progressivement toute la pièce… à part de très très bonnes amies qui sont toujours là, toujours prêtes à t’aider, toi, une autre fille. 
  • Et si j’étais un homme et tombais sur des hommes? Je devrais très probablement porter tout ça tout seul, ouvrir tout seul les portes, coffres et garages, installer moi-même le gaz au sous sol, courir les 4 étages avec les fameux 30 cartons et cacher bien bien la fatigue ou tout autre signe de faiblesse apparent, récupérer, porter et rendre seul la machine- moquette, nettoyer tout l’étage pendant que ma compagne serait confortablement assise à côté, en train de lire le dernier « Vogue » car la machine est très très lourde… D’un autre côté, mes biceps seraient peut être assez importants pour le supporter, sans trop de problèmes. Et puis, je ne prendrais pas et ne me soucierais par pour les taxis, j’aurais une voiture car le permis de conduire serait une priorité dans ma vie, une question d’honneur de toute évidence.
  • Et si…? Arrêtez d’imaginer, peut- être votre vécu serait complètement différent de ce que je décris car tout ça, ce ne sont que des cas isolés.