Les Juifs / Żydzi

On m’apprenait en cours de polonais qu’il existait des mots- valises remplis de multiples significations, évoquant des milliers d’associations d’idées, portant derrière eux toute une histoire, de nombreux contextes. Des mots infinis. Brulants. Des mots- souvenirs, des mots tabous.

« L’holocauste » (la Shoah) a en Europe Centrale un héritage très particulier, il y vit de sa propre vie. Une vie différente des autres parties du monde, j’ai l’impression.

D’abord, il y a la question des victimes. Victimes que nous sommes tous, sur cette terre choisie on sait pas trop pourquoi par le Diable, pour perpétrer ses actions les plus atroces. Victimes- Juifs, victimes- Roms, victimes- Polonais, victimes- Tchèques, Slovaques, Lituaniens, Lettoniens, Estoniens et Hongrois… Victimes- Roumains, Russes et Biélorusses, Allemands et Ukrainiens. Victimes des experimentations médicales, victimes- personnes âgées, victimes-homosexuels, -intellectuels, -handicapés, -opposants de l’Armée du Pays, -orthodoxes – catholiques -combattants des soulèvements -artistes – médecins – Justes parmi les Nations du Monde, -athées, – l’élite, – communistes et anti- communistes, -anti- nazis, -militaires, victimes-civils … Et bien d’autres. Nous avons personnellement vécu l’horreur de plus près, au plus profond de sa moelle épinière. Nous savons donc « tout sur elle, sur son aspect réel et nous le savons mieux que les autres ». Depuis 4 générations et pour les générations à venir. A l’école primaire, dès l’âge de 7, 8 ans on nous en parle. On écoute et on commence à se dessiner en tête un Rond Imaginaire de la Terreur avec ses parts de souffrances dégoutantes, attribuées à chacun: au bout de quelques années, chaque élève a déjà crée pour soi, imaginé sa forme circulaire privée, un schéma détaillé où chaque groupe ethnique, national, social, religieux ou autre, occupe son terrain de malheur spécifique, plus ou moins grand. On attribue évidemment aux Juifs la part la plus grande de cette forme amère. Officiellement.

Il y a des visites obligatoires dans des camps de concentration (chose que l’on ne fait pas du tout assez dans les pays occidentaux, je trouve). Auschwitz- Birkenau. Visites importantes, essentielles. Ici souffraient les Juifs. Ici, on martyrisait les Juifs. Ça se passait ici. Des tas de cheveux. Des masses de chaussures en pile, de prothèses. Des cellules obscures où l’on suffoquait du manque d’air. Des baraques en bois sans aucune protection en hiver, par le froid polonais. « Le 02 mai 1942, je vis encore » gribouillé haut sur un mur, certainement d’un bout de crayon trafiqué par un prisonnier. De cette inscription, je me souviendrai toujours. Les « fameux » rails de train et la « fameuse » Tour que l’on voit sur toutes les photos quand on cherche « Auschwitz » (Oświęcim) sur internet. L’effroi. La mort omniprésente nous lance des regards douloureux du fond des fours de crématoriums. Au moins 2 fois. A l’école primaire.

Beaucoup d’immaturité. De bêtise. De manque de conscience et d’imagination. Nous traversions la Place de Fusillades à Brzezinka (Birkenau) avec les filles, tout en rigolant, en se racontant des histoires drôles de la veille, complètement hors sujet, jusqu’à ce que notre Prof d’histoire nous réveille brutalement de ces éclats de rires honteux, débiles. Totalement déplacés. Je m’en rappelle aujourd’hui, avec abomination. Nous avions 11 ans précisément. Ce moment- même m’a réellement traumatisée car je me suis rendue compte que tout en m’intéressant depuis toujours au meurtre perpétré sur les Juifs (et je m’y intéressais davantage que les autres autour de moi, très probablement), je le considérais en même temps comme quelque chose de lointain, irréel, diamétralement différent. D’étranger. Je riais parce que pour moi, ces atrocités étaient non seulement finies à jamais mais tout simplement opposées ‘aux gens normaux’. Je les écartais.

Car il ya des Sympa. Ma famille. Mes grands parents et ma maman pour qui discriminer un Juif, discriminer quiconque d’ailleurs (en commençant par ses pensées) égalait « stupidité extrême, indigne d’un homme intelligent ». Mon grand- père, capable de pardonner. D’aimer les Allemands après la guerre. Ma grand- mère naïve, pensant partout dans chaque situation que l’univers est rempli de gentillesse jusqu’aux bords, jusqu’au pivot même de son tissu structurel. La gentillesse étant sa nature, sa construction, sa colonne vertébrale constitutive, par conséquent, 99% des gens qui nous entourent sont non seulement aimables, altruistes, sensibles comme des feuilles transparentes de châtaigne à la brise. Honnêtes par défaut. Ils sont logiquement incapables du moindre péché… Pendant des années et des années entières, je pensais comme elle et il me reste encore aujourd’hui pas mal de traces de cette mentalité, impossible à combattre. L’holocauste était dans ce contexte quelque chose d’affreux mais en même temps d’unique dans l’histoire. Puisque les gens mauvais étaient eux aussi uniques. Quasi inexistants. Des psychopathes très très rares qui n’arrivaient qu’une fois, de cruels cyniques qui venaient et disparaissaient ensuite à jamais tel un bref feu d’allumette dans une caverne primaire. De grotesques exceptions à la règle générale de bienveillance. Une erreur inexplicable dans le déroulement autrement calme, tout doux comme une mousse rose poudré d’un bain chaud. Une faille du Temps Universel Idéal, tellement honteuse qu’elle ne pourra plus jamais se reproduire. Nous nous sentions supérieurs au Mal.

Jusqu’à 16 ans je crois, la conception de la « banalité du mal »* de Hannah Arendt, les crimes de « petits fonctionnaires médiocres », les pensées de Primo Levi, de Stefan Zweig (son regard absolument unique sur la naissance du nazisme à Vienne) ou bien les expérimentations psychologiques choquantes de Milgram* sur le degré d’obéissance d’un individu devant une autorité m’étaient totalement inconnues. Dommage? Non. Au moins, je croyais en une amitié sans race ni origine. Il valait mieux rester comme ça.

De la déshumanisation, en commençant par l’Etat, en finissant par des gens ordinaires. Les Juifs. On les décrit toujours par groupes indéfinis, les mentionne par masses amorphes, par un brouillard confus, insensible, se dispersant un tout petit peu plus avec chaque année qui passe. Dans les récits de tous les jours, il y a peu ou pas de Salomea, la vendeuse d’épices d’en face qui portait une robe délicate à pois noirs. Pas de Judyta qui habitait au 5, rue Targowa derrière la porte beige et écrivait des poèmes pas si mauvais que ça. Très bons même. Où a donc disparu Ariel, 76 ans qui boitait légèrement de sa jambe droite et était si bon en maths que 3 générations de Polonais venaient régulièrement à ses cours du soir, pendant des années? Je doute que ce flou résulte de l’oubli et crains qu’il vient plutôt de l’angoisse, de la honte, du refoulement propre aux traumatismes, des excuses. On repousse l’individu aux périphéries les plus totales de la conscience. Des excuses. Il manque de l’amour dans les mots.

Le manque de justesse dans le jugement de l’Histoire. L’injustesse parfois, voyons. De temps en temps, le déni intentionnel et conscient. La négation du statut exceptionnel des Juifs et de leur extermination. « La solution finale de la question juive ». Pourquoi nous oublions si souvent que c’était ça, LE PLAN? Le seul plan, sardoniquement unique, celui qui a failli fonctionner si ce n’étaient ces quelques brins d’herbe sauvés par miracle, grelottant dans le vent de l’Incertaine Coïncidence? « Eux seuls, en tant que seule nation ont été condamnés à l’extinction pour le seul fait d’être Juifs, par conséquent, on ne doit pas mettre les souffrances des autres nations au même niveau en utilisant le terme shoah comme synonyme d’une tragédie ». On est peu nombreux. Peu. Toujours, trop peu de Polonais se répètent ces mots de l’archevêque Życiński. Alors qu’ils le devraient, comme un mantra. L’idéalisation: on met tous les status et toutes les souffrances sur un pied d’égalité, indépendamment des faits. Le silence de l’Eglise catholique, encore plus mort récemment. L’hypocrisie. La propagande. La façon de traiter Marek Edelman qui n’est plus parmi nous depuis 2009 mais était le seul survivant parmi les cinq dirigeants du soulèvement du ghetto de Varsovie. La question de la direction du Musée de l’Histoire des Juifs Polonais Polin. Ces méthodes qui se sont transformées en une Honte Etatique Officielle, devrait- on dire. Tout ceci était plutôt rare, voire très rare quand j’étais petite (et en tout cas, je n’en étais pas consciente) mais devient de plus en plus palpable ces dernières années. Les faux spasmes des Néo- Nationalistes.

La méconnaissance. A ça, on me répond souvent: mais c’est pire en Occident! Va à Paris, va à Londres, va à Stockholm, tu vas voir, personne ne sait ce que c’est Lviv, son ghetto et ses canaux, personne n’est au courant de leur rôle pendant la guerre. Personne n’a entendu parlé de Łódź, de Będzin, de Sobibór, Bełżec ni Białystok et Lublin… Oui, je l’ai vu, effectivement. Mais comme une maman dont l’enfant refuse d’apprendre, nous avons justement plus d’obligations pédagogiques, Puisque ça s’est passé ici, chez nous et chez nos voisins. Notre héritage. La culture générale. On regarde les films mondialement acclamés d’Agnieszka Holland. « La Liste de Schindler » de Spielberg, ultra connue. Mais personne ne nous fait visiter l’ancienne usine de produits émaillés. Située à Cracovie, à portée de main, sous le nez littéral de tout le monde. Je ne connais personne non plus en Pologne qui l’aurait fait tout seul, spontanément et l’aurait raconté par la suite. Zéro. Sans doute parce qu’on EN parle pas assez. Pas d’encouragement, pas de « vas y, c’est important ». La lecture. On lit pas les Juifs ou alors on fait l’impasse sur les grands noms européens: allemands, autrichiens, autres… On oublie Thomas Mann (« La Montagne Magique »!) et Stefan Zweig, pourtant, tous les deux essentiels à la compréhension de cette période de l’histoire. Ses récits fascinants de Vienne: le choc entre la ville magnifique, absolument cosmopolite et la naissance  effrontée du nazisme. On connaît pas, à part les vraies « upper class », le Journal d’Anne Frank. Ecrit à Amsterdam, tellement célèbre et qui devrait être une lecture obligatoire au lycée!! (il est surement cité dans tous les manuels scolaires que j’ai gardés mais je ne me souviens d’aucune pression ni incitation officielle voire même de conseil explicite sur ce titre). Parfois, on lit mais on ne dit pas qu’il s’agit d’un auteur Juif- Polonais. Julian Tuwim, un grand poète, l’un des plus grands, ultra- connu. Qui, à part Witold Gombrowicz le disait à haute voix? Qui soulignait aussi fort l’importance du milieu littéraire juif- polonais des années ’20 à Varsovie? Ou bien on lit pour ne jamais en discuter par la suite. Gross. Ses livres et ses recherches sur l’attitude totalement inacceptable, scandaleuse de certains Polonais durant la guerre. Le silence total, à part quelques émissions- télé/ radio. On ne sait pas en parler. Toujours pas. La peur est envahissante et mord de l’intérieur, elle laisse des plaies ouvertes. Si elle arrive à paralyser tant de journalistes et de chercheurs- historiens, que et comment faire alors avec les gens « ordinaires »? On lit les Juifs, on essaie d’approfondir, de reconnaître le drame surtout, quand tôt ou tard, une voix stridente crie TOUJOURS quelque part, ici ou là « Et, oh, et les Polonais? Eh, eh, on m’entend? les Polonais, j’ai dit!! Nous aussi, nous avons souffert, nous aussi, je vous le rappelle, nous aussi!!! ». Comme si parler des souffrances juives effaçait les nôtres. Annulait le soulèvement de Varsovie.

Le sentiment de culpabilité polonais.

D’abord privé, individuel. Qui étions- nous entre les années ’20 et 1945? Que faisait vraiment ma famille lointaine, leurs amis, copains et collègues? Comment s’est comportée l’élite, les Officiellement Respectés? Au théâtre des Lâches, des Défenseurs, des Bourreaux et des Victimes, des Braves et des Traîtres, des Injustement Taciturnes et des Neutres par Peur, des Gagnants Affreux et des Perdants Absolus, des Moralement Pas Evidents et des Multicolores Difficilement Jugeables, quel rôle jouait- elle? Un rôle de courage? Saurai- je un jour? Aurai- je honte du passé, de la descente aux enfers ou au contraire, serai- je à la fois choquée et ultra- heureuse car une trace de nos racines juives et des exploits héroïques connus de récits s’avèreront enfin vrais? Serait- ce un mélange de tout? J’y pense parfois. La nuit.

Ensuite, public. Ce poids lourd suspendu à jamais au dessus de toute une nation- témoin, tel un nuage noir rempli d’une averse à venir. Il pleut souvent, quelques gouttes au moins. Quelle part de notre faute, à nous? Quelle part de puérilité et bien bien pire, d’indifférence? Sentions- nous la catastrophe venir, plus grande encore que celle qui nous a anéantis? Pouvions- nous faire plus? Mieux? Avertir, cacher, aider davantage, prendre plus de risque? Ne pas en profiter, pour certains de manière atroce? Ne pas dire oui, ne pas s’enfoncer dans l’insensibilité? Etions- nous à la hauteur? Avant et surtout pendant? A quel point et dans quelle mesure? J’en dors pas, parfois. J’ouvre Google en polonais. Des témoignages des habitants actuels de l’ancien ghetto de Cracovie.  J’y tombe par hasard, presque. Septembre 2019. « Dans notre appartement, on entend des hurlements, des cris de brûlés, on a l’impression de vivre avec eux constamment, surtout le soir. » Ça grouille de fantômes. Je ne suis pas la seule à ne pas dormir.

Dans le reportage « Prendre le bon Dieu de vitesse »* par Hanna Krall, une Polonaise habitant un appartement situé dans l’ancien ghetto de Varsovie fait un rêve où elle sent régulièrement la présence de quelqu’un. Une Juive, l’ancienne propriétaire de ce même appart apparaît derrière la porte d’une des pièces. La Polonaise commence à se justifier: c’est un nouveau bâtiment, vous voyez, l’appartement m’a été offert… La Juive est douce, tranquille, elle fait un geste de « tout va bien, calmez- vous » à l’autre. Ensuite, elle ouvre la fenêtre et saute du 4ème étage.

L’Antisémitisme. Avant, c’était pour moi un terme glauque mais totalement obscure. Abstrait. J’étais longtemps persuadée de n’avoir jamais jamais rencontré personne ni vécu aucune situation de ce genre. Jusqu’une fois, où peut-être parce que je n’étais plus un bébé tout mignon, un « ami » de famille a découvert un bout de son vrai visage directement, sur notre sofa du salon. Dit d’un coup et sans avertissement quelconque, sans doute pour que je m’enfuie pas en sentant un non- sens arriver « toutes les faiblesses économiques et politiques polonaises résultaient du pouvoir, de l’influence cachés des Juifs exercés sur l’état, les hauts postes, les fonctions les plus élevées. » Jusqu’au reportage sur « PŁUCZKI »*, Kielce et Jedwabne* à la télé. Jusqu’au jour où je visitais l’un des anciens quartiers juifs avec un pote, et celui- ci s’est arrêté brusquement: « aaah, c’étaient ici, les Żydki? (littéralement «les Petits Juifs », une désignation méprisante dans la langue polonaise) . J’ai passé mes 15 ans de travail dans cette ville et cela ne m’a jamais vraiment intéressé », il a rajouté. Jusqu’au marché de fruits et légumes avoisinant la grande église à Sosnowiec, ma ville natale… Par une journée fraîche, ensoleillée, comme souvent, nous jetons un coup d’oeil avec maman sur l’ancien bâtiment de la famille Szpilman. Je suis contente car des portraits nous regardent via les fenêtres, une inscription figure en bas d’un mur, tout est enfin légèrement personnalisé, contrairement à tant d’endroits dont j’ai parlé plus haut. Un homme, tout sauf soigné interrompt brutalement notre contemplation. – Vous savez qui a habité ici?- il s’approche de nous, d’un pas lourd et d’une voix agressive – Oui, la famille de Władysław Szpilman, un grand pianiste avant qu’ils ne soient transportés de Umschlagplatz à Varsovie à Oświęcim (Auschwitz), lui, c’était le seul de la famille à se sauver…- je pars dans une réponse de plus en plus complète, respire rapidement et commence tout juste à réfléchir comment lui parler du « Pianiste » de Roman Polański et s’il faut que je lui parle tout court, si oui, de quoi d’autre pour le sauver de l’ignorance… quand un cri déchirant part de sa bouche et retentit de haine dans tout le marché, remplissant même ses recoins les plus infimes et se réverbérant d’un piaulement métallique sur la grande cloche de la Cathédrale. – Les Juifs!! Vous le saviez pas? Ici habitaient les conna… s de Juifs!!

En connaissant le courage légendaire de ma mère et en imaginant ce qu’il peut donner en combinaison explosive avec mes propres phrases adressées de plus en plus impertinemment au Monsieur, je la tire par la main de toutes mes forces, pour nous éloigner au plus vite. Pourtant, c’est de ce gars sans style et sans âme dont je me souviendrai toute ma vie.

1* Płuczki: le procédé de recherches d’or et d’objets de valeur dans les corps de Juifs, (victimes des camps nazis allemands) mené par les Polonais, entre autres par les habitants de villages situés autour des anciens camps de concentration de Bełżec et de Sobibór. Décrit par le journaliste, Paweł Piotr Reszka.

2* Jedwabne: un village dans la région de Podlasie où les Polonais ont perpétré un massacre sur les Juifs pendant la Deuxième Guerre Mondiale.

3* « Prendre le bon Dieu de vitesse »*, Hanna Krall: à lire absolument pour ceux qui ne l’ont jamais fait, disponible en français, par exemple ici, sur Amazon .

L’image de Krzysztof Warlikowski provient du magazine « Transfuge ».


Uczono mnie na lekcjach polskiego, że istnieją słowa- walizki wypełnione wieloma znaczeniami, przywołujące na myśl tysiące skojarzeń, niosące za sobą całą historię, liczne konteksty. Słowa nieskończone. Palące. Słowa- wspomnienia, słowa tabu.

Holokaust ma w Europie Środkowej bardzo szczególne dziedzictwo, żyje tu swoim własnym życiem. Życiem innym od pozostałych części świata, mam wrażenie.

Po pierwsze, sprawa ofiar. Ofiar, którymi jesteśmy wszyscy na tej ziemi wybranej nie wiedzieć czemu przez Szatana dla dokonania swych najbardziej makabrycznych czynów. Ofiary- Żydzi, ofiary- Romowie, ofiary- Polacy, ofiary- Czesi, Słowacy, Litwini, Łotysze, Estończycy i Węgrzy… Ofiary- Rumuni, Rosjanie i Białorusini, Niemcy i Ukraińcy. Ofiary eksperymentów medycznych, ofiary- seniorzy i staruszkowie, ofiary- homoseksualiści, – intelektualiści, – niepełnosprawni, – członkowie Armii Krajowej, – prawosławni, – katolicy, – walczący w powstaniach, – artyści – lekarze, – Sprawiedliwi wśród Narodów Świata, – ateiści, – elita, – komuniści i antykomuniści, – oponenci nazizmu, – żołnierze, ofiary- cywile… I wiele innych. Osobiście i z bliska przeżyliśmy horror, w najgłębszych zakamarkach jego szpiku kostnego. « Wiemy więc o nim wszystko, jak naprawdę wyglądał i wiemy to lepiej od innych ». Wiemy od 4 pokoleń, wiemy na wiele następnych. Mówią nam o nim w szkole podstawowej, już gdy mamy 7, 8 lat. Słuchamy i zaczynamy rysować sobie w głowie Wyobrażone Koło Terroru podzielone na poszczególne części obrzydliwych cierpień, przyznawanych każdemu po kolei: po kilku latach, każdy uczeń stworzył, wyobraził już sobie prywatny, okrągły kształt, szczegółowy schemat, w którym każda grupa etniczna, narodowa, społeczna, religijna, czy inna zajmuje swoje własne miejsce nieszczęścia, większe lub mniejsze. Żydom przyznajemy oczywiście najwięcej miejsca w tej gorzkiej formie. Oficjalnie.

Są obowiązkowe wycieczki  do obozów koncentracyjnych (coś, czego brakuje moim zdaniem w krajach Zachodu). Brzezinka- Oświęcim. Wycieczki ważne, kluczowe. Tutaj cierpieli Żydzi. Tutaj maltretowano Żydów. To działo się tutaj. Stosy włosów. Piramidy butów, protez. Ciemne komórki, w których duszono się z braku powietrza. Drewniane baraki, bez żadnej ochrony zimą, w czasie polskich mrozów. «  Drugi maja 1942, jeszcze żyję » nabazgrane wysoko na ścianie ołówkiem z pewnością przemyconym przez więźnia. Ten napis zapamiętam na zawsze. « Słynne » tory kolejowe i « słynna » Wieża ze wszystkich zdjęć, gdy wstukamy « Oświęcim w internecie. Przerażenie. Wszechobecna śmierć rzuca nam bolesne spojrzenia z głębi pieców krematoryjnych. Co najmniej 2 razy. W szkole podstawowej.

Dużo niedojrzałości. Głupoty. Braku świadomości i wyobraźni. Przechodziłyśmy właśnie pod Ścianą Rozstrzelań w Brzezince z dziewczynami wygłupiając się, opowiadając sobie śmieszne historie kompletnie nie na temat z poprzedniego dnia, aż w końcu nauczycielka historii obudziła nas z tych godnych pożałowania, debilnych wybuchów śmiechu. Kompletnie nie na miejscu. Do dzisiaj ze wstydem je wspominam. Miałyśmy dokładnie 11 lat. Ten moment autentycznie mnie straumatyzował bo zdałam sobie sprawę, że o ile od zawsze interesuję się zbrodniami przeprowadzonymi na Żydach (z dużym prawdopodobieństwem bardziej niż inni wokół mnie), wydawały mi się one równocześnie czymś odległym, nierealistycznym, diametralnie różnym. Obcym. Śmiałam się ponieważ dla mnie te okropieństwa były nie tylko raz na zawsze skończone, ale przede wszystkim obce « ludziom normalnym ». Odsuwałam je.

Ponieważ istnieją Sympatyczni. Moja rodzina. Moi dziadkowie i mama, dla których dyskryminować Żyda, dyskryminować kogokolwiek zresztą (począwszy od dyskryminacji poprzez swoje własne myśli) równało się « skrajnej głupocie, niegodnej inteligentnego człowieka ».  Dziadek, który był w stanie przebaczyć. Kochać Niemców po wojnie. Moja naiwna babcia myśląca zawsze i w każdej sytuacji, że wszechświat jest przepełniony życzliwością aż po brzegi, po oś obrotu swojej strukturalnej tkanki. Jako że życzliwość jest jego naturą, konstrukcją, pierwotnym kręgosłupem, w konsekwencji 99% ludzi, którzy nas otaczają jest nie tylko miłych, altruistycznych, wrażliwych jak przezroczyste liście kasztanowca z czasie bryzy. Z gruntu uczciwych. Logicznie niezdolnych do najmniejszego grzechu… Przez całe lata myślałam tak jak ona i pozostało mi do dzisiaj sporo cech tej niemożliwej do przezwyciężenia mentalności. Holokaust był w tym kontekście czymś potwornym, ale równocześnie historycznie jednorazowym. Ponieważ źli ludzie też są jednorazowi. Prawie nieistniejący. Bardzo, bardzo rzadcy psychopaci, którzy zdarzają się tylko raz, okrutni cynicy, którzy nadchodzą i znikają następnie na zawsze jak krótki błysk zapałki w pierwotnej jaskini. Groteskowe wyjątki z ogólnej reguły nobliwości. Niewytłumaczalny błąd w skądinąd spokojnym biegu rzeczy, łagodnym jak pudrowo- różowa piana gorącej kąpieli. Skaza na Idealnym Uniwersalnym Czasie, tak bardzo wstydliwa, że już nigdy się nie powtórzy. Czuliśmy się lepsi od Zła.

Wydaje mi się, że aż do 16go roku życia koncepcja « banalności zła » Hannah Arendt, zbrodnie « zwykłych, przeciętnych urzędników », myśl Primo Levi, Stefana Zweiga, czy szokujące eksperymenty psychologiczne Milgrama* nad stopniem posłuszeństwa jednostki wobec autorytetu były mi zupełnie nieznajome. Szkoda? Nie. Przynajmniej wierzyłam w przyjaźń bez rasy i pochodzenia. Lepiej było żyć złudzeniami.

Dehumanizacja, zaczynając od Państwa, kończąc na zwykłych ludziach. Żydzi. Opisujemy ich zawsze jako nieokreślone grupy, wymieniamy w bezpostaciowych masach, niewyróżnialnej, niewrażliwej, z każdym rokiem trochę bardziej rozproszonej mgle. W codziennych opowieściach jest mało lub wcale Salomei, sprzedawczyni przypraw z przeciwka w delikatnej sukience w czarne groszki. Judyty, która mieszkała pod 5ką przy Targowej za beżowymi drzwiami i pisała całkiem niezłe wiersze. Właściwie świetne. Gdzie zniknął lekko kulejący na prawą nogę 76- letni Ariel, tak dobry z matematyki, że 3 pokolenia Polaków regularnie, od lat przychodziły na jego wieczorne zajęcia? Wątpię, że to rozmycie wynika z zapomnienia i obawiam się, że jest raczej skutkiem lęku, wstydu, wyparcia właściwego traumie, wymówek. Spychamy pojedynczego człowieka na najbardziej odległe peryferia świadomości. Wymówki. Brakuje miłości w słowach.

Niedokładność w ocenie historycznej. Czasem, powiedzmy sobie, niesprawiedliwość. Momentami świadome, celowe zaprzeczanie. Odmowa przyznania wyjątkowego statusu Żydom i ich eksterminacji. « Ostateczne rozwiązanie kwestii żydowskiej ». Dlaczego tak rzadko zapominamy, że taki właśnie był PLAN? Jedyny, szyderczo wyjątkowy, ten który o mało co, o cudem uratowane, chyboczące się na wietrze Zbiegu Niepewnych Okoliczności ździebełka trawy nie wypalił? « „Oni jako jedyny naród skazani byli na zagładę za sam fakt bycia Żydami, więc nie można cierpień innych narodów stawiać na tym samym poziomie, operując słowem holokaust jako synonimem tragedii ». Mało nas. Mało. Wciąż za mało Polaków powtarza sobie te słowa Arcybiskupa Życińskiego. A powinni, i to jak mantrę. Idealizacja: wrzucamy wszystkie statusy i wszystkie cierpienia do jednego worka, niezależnie od faktów. Cisza Kościoła katolickiego, ostatnio jeszcze bardziej głucha. Obłuda. Propaganda. Sposób traktowania zmarłego w 2009 roku Marka Edelmana,  jedynego z pięciu przywódców, którym udało się przeżyć Powstanie w Getcie Warszawskim. Kwestia dyrektora Muzeum Historii Żydów Polskich Polin. Metody, które wypadałoby powiedzieć, przekształciły się w Oficjalny Państwowy Wstyd. Wszystko to było raczej rzadkie, a nawet bardzo rzadkie, gdy byłam mała (a w każdym razie, nie byłam go świadoma), ale jest ostatnimi czasy coraz bardziej odczuwalne. Fałszywe spazmy Neo- Nacjonalistów.

Nieznajomość. Na to często odpowiadają mi: przecież na Zachodzie jest gorzej! Jedź do Paryża, jedź do Londynu, jedź do Sztokholmu, zobaczysz, tam nikt nie wie co to Lwów, jego getto i kanały, nikt się nie orientuje jaką rolę odgrywały w czasie wojny. Nikt nie słyszał o Łodzi, Będzinie, Sobiborze, Bełżcu, Białymstoku, ani Lublinie… Tak, widziałam, rzeczywiście. Ale tak jak mama, której dziecko nie chce się uczyć, mamy tym więcej pedagogicznych zobowiązań. Bo to stało się tutaj, u nas i u naszych sąsiadów. Nasze dziedzictwo. Wiedza ogólna. Oglądamy uznane na całym świecie filmy Agnieszki Holland. Mega słynna « Lista Schindlera » Spielberga. Ale nikt nas nie zabiera na zwiedzanie dawnej Fabryki Emalia. Fabryki znajdującej się w Krakowie, na wyciągnięcie ręki, pod przysłowiowym nosem nas wszystkich. Nie znam również nikogo w Polsce, kto zwiedziłby fabrykę sam, z własnej inicjatywy, a później komuś o niej opowiedział. Zero. Niewątpliwie dlatego, że za mało O TYM mówimy. Nie ma zachęty, żadnego « jedź tam, to ważne ». Czytelnictwo. Nie czytamy Żydów albo pomijamy wielkie europejskie nazwiska, niemieckie, austriackie, inne… Zapominamy o Tomaszu Mannie (« Czarodziejska Góra »!) i Stefanie Zweigu, kluczowych dla zrozumienia tego okresu w historii. Fascynujące wspomnienia z Wiednia tego ostatniego: zderzenie wspaniałego, cudownie kosmopolitycznego miasta z bezwstydnymi narodzinami nazizmu. Nie znamy (poza autentyczną elitą) Dzienników Anne Frank. Napisanych w Amsterdamie, tak bardzo sławnych, tych, które powinny być lekturą obowiązkową w liceum!! (są z pewnością cytowane we wszystkich podręcznikach szkolnych, które zachowałam, ale nie przypominam sobie żadnych nacisków, żadnej oficjalnej zachęty czy choćby wyraźnej porady dotyczącej tego tytułu). Czasami czytamy, ale nie mówimy, że chodzi o autora polsko- żydowskiego. Julian Tuwim, wielki poeta, jeden z największych, powszechnie znany. Kto, oprócz Witolda Gombrowicza mówił o tym na głos? Kto podkreślał równie mocno rolę żydowsko- polskiego środowiska literackiego w Warszawie lat ’20? A czasem czytamy, by później nigdy nie dyskutować. Gross. Jego książki i badania nad skandaliczną, totalnie nieakceptowalną postawą  niektórych Polaków w czasie wojny. Całkowita cisza, z wyjątkiem kilku programów w radio i telewizji. Nie potrafimy o tym mówić. Dalej. Strach jest natrętny, pochłania nas i gryzie od środka, pozostawia otwarte rany. Jeśli udaje mu się sparaliżować tak wielu dziennikarzy i historyków- badaczy, co w takim razie począć ze « zwykłymi » ludźmi? Czytamy Żydów, staramy się pogłębić temat, a przede wszystkim uznać dramat, gdy prędzej, czy później przeszywający głos krzyknie gdzieś ZA KAŻDYM RAZEM « Hej, hej, a Polacy? Hej, słyszycie mnie? Polacy, powiedziałem!! My też, my też cierpieliśmy, przypominam, my też!!! ». Tak jakby mówienie o żydowskich cierpieniach wymazywało nasze. Kasowało Powstanie Warszawskie.

Polskie poczucie winy. 

Po pierwsze własne, prywatne, indywidualne. Kim byliśmy pomiędzy latami ’20 a ‘45tym? Co tak naprawdę robiła moja dalsza rodzina, ich przyjaciele, koledzy i znajomi? Jak zachowała się elita, Oficjalnie Szanowani? Jaką rolę odgrywała w teatrze Tchórzy, Obrońców, Katów i Ofiar, Dzielnych i Zdrajców, Niesprawiedliwie Milczących i Neutralnych ze Strachu, Niegodziwych Zwycięzców i Absolutnych Przegranych, Moralnie Niewyraźnych i Trudnych do Oceny Wieloodcieniowców?  Rolę odwagi? Czy kiedyś się dowiem? Czy będę wstydzić sie przeszłości, odwiedzin w piekle, czy wręcz przeciwnie, będę zarazem zszokowana i przeszczęśliwa bo prawdziwy okaże się wreszcie ślad naszych żydowskich korzeni i heroicznych wyczynów znanych z opowieści? A może to mieszanka wszystkiego naraz? Czasem myślę. W nocy.

Po drugie, publiczne. Ten potworny ciężar zawieszony na zawsze nad całym narodem- świadkiem jak czarna chmura wypełniona nadciągającą ulewą. Pada często, co najmniej kilka kropel. Jaki udział naszej własnej winy? Jaka część dziecinności, czy co gorsza (o wiele gorsza), obojętności? Czy czuliśmy nadchodzącą katastrofę, jeszcze większą niż ta, która nas zrujnowała? Mogliśmy zrobić więcej? Lepiej? Ostrzegać, ukrywać, pomagać bardziej, podejmować większe ryzyko? Nie wykorzystywać sytuacji, w przypadku niektórych w okrutny sposób? Nie mówić tak, nie zapadać się w niewrażliwości? Czy staliśmy na wysokości zadania? Już przed, a szczególnie w trakcie? Do jakiego stopnia? Czasem nie mogę spać. Otwieram polskie Google. Świadectwa obecnych mieszkańców dawnego krakowskiego getta. Natrafiam na nie przypadkowo. Prawie. Wrzesień 2019. « Słyszymy w mieszkaniu wycie, wrzaski palonych, mamy wrażenie jakbyśmy cały czas z nimi mieszkali, głównie wieczorem. » Roi się od duchów. Nie tylko ja nie mogę spać.

W reportażu « Zdążyć przed Panem Bogiem » Hanny Krall Polka zamieszkująca stare warszawskie getto śni o czyjejś stałej obecności. Źydówka, dawna właścicielka tego samego mieszkania pojawia się za drzwiami jednego z pokoi. Polka zaczyna się tłumaczyć: to nowy budynek, widzi Pani, dostałam to mieszkanie… Żydówka jest łagodna, spokojna, robi w stronę Polki gest w stylu « wszystko dobrze, proszę się uspokoić ». Następnie otwiera okno i wyskakuje z 4go piętra.

Antysemityzm. Dawniej był to dla mnie termin ponury choć całkowicie nieznajomy. Abstrakcyjny. Długo byłam przekonana, że nigdy przenigdy nie spotkałam nikogo, ani nie przeżyłam żadnej tego typu sytuacji. Tylko raz, być może dlatego, że nie byłam już słodkim dzieciaczkiem, « przyjaciel » rodziny odkrył kawałek swojej prawdziwej twarzy, wprost, na naszej salonowej sofie. Powiedział nagle i bez jakiegokolwiek ostrzeżenia, niewątpliwie dlatego, żebym nie uciekła czując zbliżający się nonsens « wszystkie polskie słabości gospodarcze i polityczne wynikały z ukrytej władzy, wpływu Żydów na państwo, wysokie stanowiska, najważniejsze funkcje.» Aż do reportażu o « PŁUCZKACH », Kielcach i Jedwabnem w tv. Aż do dnia, w którym chodziłam sobie po jednej z dawnych żydowskich dzielnic z kolegą, a ten nagle gwałtownie się zatrzymał: « aaaa, to tutaj były te Żydki? Pracowałem w tym mieście przez 15 lat i nigdy mnie to właściwie nie interesowało », dodał. Aż do targu owocowo- warzywnego obok dużego kościoła w Sosnowcu, moim rodzinnym mieście… Chłodnego, słonecznego dnia rzucamy z mamą okiem na dawną kamienicę rodziny Szpilman, jak to często mamy w zwyczaju. Cieszę się, że portrety spoglądają na nas z okien, jest napis na dole ściany, wszystko jest wreszcie lekko spersonalizowane w przeciwieństwie do tylu miejsc, o których mówiłam wyżej. Naszą kontemplację brutalnie przerywa człowiek, o którym można powiedzieć wszystko oprócz « zadbany » . « Wiecie, kto tutaj mieszkał? »- zbliża się do nas ciężkim krokiem i agresywnym głosem. – Tak, rodzina Władysława Szpilmana, wielkiego pianisty, zanim nie zostali przetransportowani z Umschlagplatz w Warszawie do Oświęcimia, on był jedynym z całej rodziny, który się uratował… – kieruję się w coraz bardziej to rozwlekłą wypowiedź, szybko oddycham i właśnie w tej chwili zaczynam zastanawiać się jak opowiedzieć mu o « Pianiście » Romana Polańskiego i czy w ogóle powinnam z tym człowiekiem rozmawiać, a jeśli tak, to o czym jeszcze, by uchronić go przed niewiedzą… gdy rozdzierający krzyk wydobywa się z jego ust i rozbrzmiewa nienawiścią na całym rynku, wypełniając nawet jego najbardziej mikroskopijne zakamarki i odbija się metalicznym brzękiem na wielkim dzwonie Katedry. – Żydzi!! Nie wiedziałyście?? Tu mieszkały te skur…ny, Żydzi!!

Dobrze znając legendarną odwagę mojej matki i wyobrażając sobie, co może dać w wybuchowej kombinacji z moimi własnymi, coraz bardziej bezczelnie wypowiadanymi do owego Pana zdaniami, ciągnę mamę z całej siły za rękę, starając się jak najszybciej oddalić. A jednak tego właśnie faceta bez stylu i duszy będę pamiętać całe życie. 

La Toussaint pas comme les autres

le 01 novembre 2019

  • Je ne peux pas te parler ce soir! Nous nous préparons pour aller au cimetière demain avec grand- mère, me dit ma maman polonaise quand j’essaie de l’appeler de Paris.
  • Mais oui, je sais mais tu me manques, c’était juste pour quelques minutes, pour te dire que…
  • On s’appelle tous les jours de toute façon! Mais là, je ne peux pas, tu comprends? Je dois préparer grand- mère, sortir ses vêtements chauds. Bisous, à plus.

Ok, je coupe la conversation, un peu frustrée. Mais je comprends très bien. C’est juste la Toussaint qui approche à grands pas… Et je vous rassure, ma grand- mère va très très bien. Elle va juste rendre une visite à la tombe de sa mère à elle, mon arrière- grand- mère. 

Si quelqu’un voudrait se faire une première idée de ce que « la Toussaint » ou plutôt « Les fêtes de la Toussaint » veulent dire en Pologne (car oui, elles durent en général 3 jours), qu’il jette un coup d’oeil sur quelques images de nuit ci- dessus. Ce sont ZNICZE, des bougies spéciales que l’on apporte aux cimetières et on allume sur les tombes le soir. Les familles, les amis, les voisins, les cousins plus ou moins proches, les acteurs célèbres, le ministre de l’environnement, la femme de ménage du rez-de-chaussée, le cheminot qui habitait en face et le frère du second mariage des parents du cheminot. Chaque mort aura son ZNICZ, même ceux qu’on a jamais rencontrés personnellement. En l’occurrence, sur l’une des photos vous pouvez voir une masse de ZNICZE que les gens inconnus ont allumé aujourd’hui devant la statue du soldat inconnu… au cimetière local de Sosnowiec, ma ville natale.

Pour se faire une deuxième idée du poids et de l’importance symbolique de la Toussaint, regardez « Volver » de Pedro Almodovar ou ses autres films. Vous pensiez que tout ça, Irène et Augustina, le vent de la mort, toutes ces histoires de fantômes qui reviennent et qui parlent, c’était complètement exagéré, 100% inventé dans la tête créative de Pedro ou bien propre à la culture espagnole? Rien de plus faux et c’est entres autres pour ça que ce réalisateur a toujours eu autant de succès auprès du public polonais. Nous l’aimons parce que ses films reflètent notre mentalité.

Lisez « Les Aïeux, ou la Fête des Morts » (« Dziady, une fête slave et balte en souvenir des aïeux et dont les origines remontent jusqu’au paganisme ») d’Adam Mickiewicz, le poème légendaire et l’une de nos lectures obligatoires à l’école, avec sa fameuse citation:

« LE CHOEUR.

Partout l’obscurité, partout le silence ! que va-t-il arriver? que va-t-il- arriver?

LE GUŚLARZ. (l’un des personnages)

Fermez les portes de la chapelle et tenez- vous autour du cercueil : point de lampe, point de cierge. Tendez sur les fenêtres les draps mortuaires : que la pâle clarté de la lune ne puisse pénétrer jusqu’ici ! Seulement, vite, hardiment.

LE VIEILLARD.

Ce que tu as ordonné est fait. 

LE CHOEUR.

Partout l’obscurité, partout le silence ! Que va-t-il arriver ? que va-t-il arriver ?

LE GUSLARZ.

Âmes du purgatoire ! Dans quelque partie du monde que vous soyez : et vous qui brûlez dans la poix; et vous qui gelez au fond de la rivière; et vous qui, par un châtiment plus sévère, emprisonnés dans le coeur du bois, geignez et pleurez douloureusement, lorsque, dans le poêle, vous êtes mordues par la flamme, accourez toutes à l’assemblée. Que l’assemblée se réunisse ici ! Nous allons célébrer les Dziady (« Les Aïeux »). Entrez dans l’enceinte sacrée. Voici des aumônes, voici des oraisons et de la nourriture et de la boisson. 

LE CHOEUR.

Partout l’obscurité, partout le silence ! Que va-t-il arriver ? que va-t-il arriver ?(…) » .

Nous sommes « Le Pays des Morts », le pays de l’histoire. Le pays de « ceux qui étaient » et non pas de ceux qui sont, peut- être encore moins de ceux qui seront. Nulle part en Occident (à part certaines régions d’Espagne justement), je n’ai vu ni vécu un tel culte des gens du passé, nulle part autant de statues belles ou bien ridicules kitsch-larmoyantes, d’hommages romantiques, de souvenirs adoucis, d’offrandes candides, de biographies idéalisées, d’anniversaires commémoratifs, de longs discours absurdes, de médailles attribuées à titre posthume. D’héros glorifiés et de légendes flatteuses, vrais ou crées de A à Z à travers les récits racontés aux Vivants. Un Autrichien qui décollera ce soir de Vienne pour arriver à Gdańsk quelques heures plus tard devra sans doute se poser plusieurs fois la même question: « mais qu’est-ce qu’ils font, ces Polonais, ils enflamment leur propre pays? Pourquoi un ciel si pourpre- orange, incendié au dessus de cette terre? » Nul besoin de se triturer les méninges: c’est la Toussaint. ZNICZE sont partout, ils brûlent par millions. Et si jamais il pleut, le lendemain on revient au cimetière pour vérifier et rallumer le feu. Pour que chaque bougie flambe à l’infini pour chaque âme partie au paradis bleu de Dieu.  

Certaines de mes tantes ne sont pas religieuses. Une est agnostique, une ouvertement athée. Mais elles parlent aux morts. -Tu sais, parfois je ne sais pas quelle décision prendre et je vais lui demander.- m’a-telle dit un jour. -Tu vas lui demander, à lui? -Oui, je vais au cimetière, j’y vais chaque semaine d’ailleurs, je m’assois sur un petit banc en bois devant sa tombe et je lui parle de tout, je lui pose toutes les questions possibles. Il me répond. La dernière fois, c’était pour savoir quels meubles choisir pour le salon. Et maintenant je sais. -C’est lui qui t’a dit lesquels choisir? -Mais oui, il m’a donné des conseils! -Tu y crois? Tu m’a dit que tu n’étais pas croyante. Jamais, jamais. -Mais oui, je ne suis pas croyante! Jamais je ne l’étais. Je vais jamais à l’église, tu sais. Mais j’y crois. C’est lui.- en parlant de son mari.

Avant, ma Toussaint c’était avant tout:

  • les préparations: le lavage des tombes quelques jours auparavant, de vieux rosiers séchés qui piquaient horriblement les mains, des branches sales de cyprès de l’année précédente, des seaux lourds, remplis jusqu’au bord d’eau tiède et qu’il fallait porter loin loin de la fontaine, des bris de verre éparpillés partout. Un froid de canard. Les femmes en jupes mi- longues à genoux, en train de brosser le marbre, exactement comme dans « Volver ». Des femmes seules pour la plupart.
  • les allumettes. Les doigts de Petite Fille glacés par les premières gelées de novembre, brûlés par les allumettes qui ne voulaient pas toujours allumer ZNICZE. On tremblait de froid en manteaux fins noirs et chaussures à talons, mis pour rester élégantes. On devait constamment enlever les gants à cause des allumettes. Je me demande maintenant si cette élégance était pour les Morts ou pour les Vivants mais c’était probablement pour les premiers. Il neigeait parfois.
  • l’odeur de fumée de ZNICZE et des chrysanthèmes posés par milliers sur les sépulcres: l’odeur omniprésente, inoubliable, ancrée profondément. Quand je la sens maintenant quelque part à l’étranger et sans forcément voir les fleurs, il y a un message neurologique puissant qui s’active en 2 secondes dans ma tête: « cimetière, cimetière! » C’est sans doute pour cette raison que l’on n’offre jamais de chrysanthèmes aux autres, ils sont strictement réservés à la Toussaint.        
  • la famille. Les escapades familiales à Katowice sur les tombes des frères et soeur de mon grand- père.  Une affaire de famille. Ces jours là, j’essayais d’apprendre tous les noms, toutes les dates de naissance et ai commencé à me passionner pour les arbres généalogiques. Nous attendions d’autres oncles et cousins (Vivants) autour des tombes, puis allions déjeuner chez eux. Tous ensemble. De longs débats autour de la table, je pianotais distraitement sur un vieux instrument dans l’une des chambres. Le retour. Mon grand- père stressé, avec ses bouts d’oreilles rouges de froid. Il slalomait parmi des centaines de voitures remplies jusqu’à la dernière place afin de nous ramener saines et sauves à la maison. Un grand paradoxe polonais: la Toussaint est en général une journée record en ce qui concerne les accidents de voiture. On meurt en parcourant des centaines et centaines de km pour rendre visite aux Morts… Chaque année, la police organise une action de prévention qui pendant longtemps s’appelait, vous devinez comment?? ZNICZ… Hier, mon autre tante appelle maman à 7h30 du matin: -tu sais, tu sais, je dors pas depuis 3 heures -qu’est- ce qui se passe, tu te sens bien? -il y a du brouillard, il y a beaucoup de brouillard! Regarde par la fenêtre! Zosia est en voiture avec toute la famille, t’imagines? Ils viennent sur la tombe de papa, je les attends. Tu peux me vérifier sur ton appli magique si c’est comme ça pendant tout le trajet? Suis en panique… 

Aujourd’hui au Père Lachaise la beauté splendide des pierres tombales, le sentiment du néant obscure, du vide frappant contrastent avec des couleurs fluo de fleurs. Le feuillage d’automne éblouissant rythme le pourpre- violet des bruyères. Quelqu’un cherche Frédéric Chopin sur la carte d’entrée, en une demi- seconde je reconnais la langue et l’entends désormais dans tous les coins. Après quelques erreurs, je localise sa tombe: elle se démarque de loin par une petite foule regroupée autour, sous les petites gouttes de pluie. Tout le monde discute, certains prient pour le génie distant qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de connaître. D’autres commentent un document « imperméable » avec une liste de 71 autres tombeaux polonais accroché à côté, ils vont les chercher. La cohue habituelle dans le silence éternel.

PS. Toutes les photos de Pologne prises par @ARybka, les autres par moi au Père Lachaise.

         

On résout tous vos problèmes, Madame!

Sur la réalité des faits. Sur ce que ça veut dire être une femme, pour ceux qui ne l’ont jamais vécu 🙂 .

Oui, il y a bien évidemment plein d’inconvénients, de situations discriminatoires voire purement glauques associées à ce statut et 90% des filles autour de moi y ont malheureusement leur propre bout d’histoire à raconter: elles passent en général par quelque chose de simplement désagréable ou de tristement horrible avant l’âge de 20 ans.

Mais c’est un sujet pour un autre article plus profond, pas du tout humoriste alors que je suis dans le mood rigolo aujourd’hui.

Les avantages alors.

Je déménage.

30 cartons, tous offerts gratos par UN employé de supérette de quartier. Remplis principalement de livres, d’albums artistiques gros carton et de DVD à transporter. Ils pèsent une tonne et en tout cas ils pèsent ce que pèsent 3 éléphants, 1 hippo et 2 rhinocéros de Sumatra considérés ensemble. J’ai failli m’évanouir de fatigue 5 fois seulement en les faisant.

Ça commence par un collègue habitant rue de Varize. Il est venu voir chez moi. Il regarde les cartons, puis jette un coup d’oeil sur moi, en train de désespérément scotcher les derniers. Il demande, l’air très dubitatif:

  • Tu veux que je t’aide à les descendre?
  • Non, non, je ferai toute seule, ça va bien se passer, merci beaucoup
  • Tu es sûre? (le doute grandissant sur son visage)
  • Oui, oui, c’est très gentil mais ça va aller (à bout de respiration, je rêve qu’il se jette de suite sur ces cartons, qu’il m’aide quand même! n’est- ce pas plus qu’évident que j’en ai besoin? Mais où serait donc ma fierté féminine, cette force inattendue, toujours si utile, si infaillible, si présente alors que je l’ai pas du tout cherchée en ce moment même?).
  • Pour l’instant, je fais toute seule. Je t’appellerai si j’en peux plus. (je réponds)
  • D’accord. Mais appelle- moi! (il disparaît derrière la grande porte d’entrée.) Je les roule tous un par un jusqu’en bas du bâtiment, marche par marche. Cela me prend 10 jours au moins plus 2 nuits de douleurs inexprimables dans le dos. Je l’ai pas appelé.

Déménagement, le Jour J. Une équipe de 3 professionnels arrive. Ils ont déjà monté un piano au 10ème étage dans leur carrière. Ils me voient rapprocher les cartons près de la sortie pour les aider.

  • Tu travailles dans l’armée, Madame?
  • Non, pourquoi? 
  • Tu va te casser en deux. Comme une branche dans le vent, Madame. Donne- moi tout et arrête de te fatiguer! Ils partent. Et moi, je pars en même temps mais en métro. Arrivée sur place, en flagrant délit car suuuuper en retard par rapport à leur camion. Ils auraient pu planter un arbre là bas et attendre qu’il pousse de 3 cm et je ne serai pas encore arrivée… Je m’attends à des accès de colère, une hausse de tarif et pourtant… rien de tél. Aucun reproche, même pas un mot, silence, voire plus: ils ont tous de grands sourires affichés. J’essaie de les aider encore une fois avec de petits cartons mais n’arrive pas à développer la même vitesse qu’eux font avec les grosses boîtes dans l’escalier. Ils hésitent entre rires, incrédulité et reconnaissance. Montent enfin le trentième. Toujours optimistes mais légèrement épuisés, il faut le dire. Quelques gouttes de transpiration tapent par terre ici et là, triceps tremblant derrière. Ils dépassent de 10 minutes le temps réservé, sans le souligner toutefois.
  • Tu déménages pourquoi, Madame? Tu fais quoi dans la vie? Et tu viens d’où? Tout se passe bien à Paris? (une série de questions vient comme un tir d’une arme à feu. Je n’ai pas le temps de répondre quand): 
  • As- tu besoin d’aide pour autres choses, Madame?
  • Non, non, merci, ce sera tout (je réponds d’une voix terriblement enrouée de bronchite virale attrapée entre- temps).
  • Tu es sûre? Tu nous appelle quand tu veux!! Nous pouvons tout te transporter, maintenant ou après! Meubles, cartons et même monter ton vélo. Tout, tout.
  • C’est fantastique. Au revoir. (je m’assois un peu en train de divaguer, d’analyser si c’est le degré de méchanceté de mes virus ou bien le déménagement qui me fatigue davantage. Ils partent, toujours si sympa et contents de la vie).

Paris, place de la Madeleine, une (très) grande boutique de bricolage et fournitures maison. Niveau -1. J’ai réservé sur internet une machine shampouineuse de moquette pour l’ancien appart et me rends compte sur place qu’elle est nettement plus grande que moi. Elle pèse 12 kg il s’avère, elle possède 2 roues arrière énormes, instables, un grand tuyau anormalement long et qui ne tient absolument pas sur place. Je n’ai jamais vu d’objet aussi peu pratique à transporter en métro alors que je suis venue toute seule, encore par abus de fierté personnelle bien évidemment. Panique temporaire. L’effroi terrible me transperce le coeur. Comment sauver la face? Soudain, j’ai une idée d’Einstein de commander un taxi! J’en parle avec le Monsieur en charge de la location.

  • Hmmm… Excusez- moi… Je peux vous demander de l’aide pour la monter au niveau zéro? Elle est visiblement hyper lourde… Et après, je prends un taxi, vous savez, ça m’arrangerait…
  • Nous ne fournissons pas ce service. Et surtout pas le dimanche, nos équipes sont restreintes.
  • Ah, mince, je pensais à vous… D’accord. Je me débrouille.
  • « R… », ça vient d’où, de quel pays?
  • Pardon? 
  • Votre nom, il vient de l’Est, n’est ce pas? C’est quel pays? (il regarde scrupuleusement ma carte d’identité, comme s’il était au minimum chef- douanier d’un aéroport situé hors- zone UE)
  • Pologne.
  • Très bien. Nous fournissons le service, Madame.
  • Pardon?
  • Nous fournissons le service. Nous le fournissons exceptionnellement aujourd’hui. Vous me suivez? (il commence à porter la machine). 

RDV officiel de raccordement de gaz:

  • On a un problème technique, Madame.
  • C’est vrai?
  • Oui. Je dois descendre faire des vérifications supplémentaires. 15 minutes passent, il retourne du local d’en bas, malheureux.
  • ça ne va fonctionner que dans quelques jours Madame. Je suis vraiment désolé. Je ferai tout ce que je peux aujourd’hui mais si cela ne fonctionne toujours pas la semaine prochaine vous m’appelez sur mon portable, je vous le laisse. Et je reviendrai voir comment évolue la situation.
  • Je peux appeler la centrale?
  • Non, non, Madame, vous m’appelez, moi. On va résoudre tous vos problèmes et très rapidement, Madame.

(le raccordement a finalement fonctionné) 

  • Des situations comme celles- ci, y en a environ 182 par an. A la Poste, au resto, à la boulangerie. J’en parle de temps en temps avec mes cousines, elles ont les mêmes expériences/ mêmes réflexions. Que ferons- nous à l’âge de 80 ans, les joues et décolletés ridés de mille plis, les cuisses grossies d’une couche de cellulite, les cheveux moitié moins longs et moins épais qu’aujourd’hui? Serons- nous impuissantes, allons- nous régler 2 fois moins de soucis juste parce que le nombre « de refus d’aide » va brusquement augmenter? Deviendrons- nous « transparentes pour les hommes » comme dit très justement Samanta dans « Sex and the City » et donc, toute cette gentillesse presque biologique, ce sens de service masculin disparaîtra d’un coup? Car, on va pas se mentir, la jeunesse et l’aspect physique n’y sont pas pour rien. Nous avons donc toutes cette même crainte de l’avenir, même s’il paraît très lointain…
  • « Il suffit que tu sois accompagné d’un homme et le niveau de bonne volonté des autres (hommes) baisse de 50% environ. Et si tu tombais sur des femmes, imagine!?-, » elles ajoutent. Bonne observation. On en connaît toutes la suite: vous êtes face à la même situation, mais recevez un traitement parfois très différent, avec soudainement un minimum de service, avec ce qu’on appelle le « strictement nécessaire », un non- sourire (oui, ça existe!), le « vous cherchez, Mademoiselle? » (oooh, que je déteste ce mot, et je sais que cette phrase veut dire en général « ce que vous cherchez, vous n’allez pas trouver »), des demi informations données du bout de lèvres pour finalement ne pas informer du tout etc. etc. Souffle souvent un vent glacial de froideur, il remplit progressivement toute la pièce… à part de très très bonnes amies qui sont toujours là, toujours prêtes à t’aider, toi, une autre fille. 
  • Et si j’étais un homme et tombais sur des hommes? Je devrais très probablement porter tout ça tout seul, ouvrir tout seul les portes, coffres et garages, installer moi-même le gaz au sous sol, courir les 4 étages avec les fameux 30 cartons et cacher bien bien la fatigue ou tout autre signe de faiblesse apparent, récupérer, porter et rendre seul la machine- moquette, nettoyer tout l’étage pendant que ma compagne serait confortablement assise à côté, en train de lire le dernier « Vogue » car la machine est très très lourde… D’un autre côté, mes biceps seraient peut être assez importants pour le supporter, sans trop de problèmes. Et puis, je ne prendrais pas et ne me soucierais par pour les taxis, j’aurais une voiture car le permis de conduire serait une priorité dans ma vie, une question d’honneur de toute évidence.
  • Et si…? Arrêtez d’imaginer, peut- être votre vécu serait complètement différent de ce que je décris car tout ça, ce ne sont que des cas isolés.